Savez vous ce que cache la phrase « je suis débordé » au bureau ?

Des chercheurs de l’université Harvard se sont penchés sur la signification de la phrase « je suis débordé », l’une des plus fréquentes de la vie de bureau. Tour d’horizon pour savoir s’il est utile de paraître « overbooké ».

La perception d’une personne toujours « occupée » au bureau

Il est courant d’entendre « je suis très occupé » ou l’une de ses variantes à longueur de journée. L’on entend cette phrase partout, chez des amis ou même de la bouche de certains collègues qui ne semblent pas être sujets à une hyperactivité chronique. Vous-même l’employez probablement à tout-va devant la machine à café et c’est à celui qui aura la vie la plus remplie ou la plus intéressante. À travers ces mots, un message très précis est envoyé à l’interlocuteur concernant la réussite professionnelle, donc un statut social élevé. Ce type de phrase sous-entend en effet que : « je suis très occupé, donc je suis important ».

Ce nouveau marqueur social est décrit par les chercheurs de Harvard, de Georgetown et de Columbia dans une étude parue récemment dans le « Harvard Business Review ». Ils ont observé comment les participants américains percevaient le fait d’être occupé. Ces derniers étaient confrontés à deux histoires : l’une racontant le parcours d’un homme passant sa vie à travailler et l’autre présentant un individu qui a beaucoup de temps libre. Les résultats démontrent que l’homme « overbooké » est socialement mieux perçu. Plus la réussite est associée au travail acharné, plus les individus dépourvus de loisirs sont considérés comme possédant un statut social élevé.

Plus une personne est jeune, plus elle ment sur sa charge de travail

Une autre enquête sur ces individus affirmant ne pas avoir une minute à eux a été menée en septembre 2015 par l’agence de communication Havas Worldwide. Les chercheurs ont demandé à 10 000 adultes de 28 pays différents s’ils n’exagéraient pas en disant que leur planning est surchargé. Les études révèlent que 40 % des sondés ont tendance à faire semblant d’avoir un emploi du temps de ministre. La proportion augmente de 50 % chez la génération Y (1980 et 1990) contre 36 % parmi les X (1960 et 1980) et 26 chez les boomers (nés après 1945). L’agence en a conclu que plus l’on est jeune, plus l’on ment sur sa charge de travail. En outre, les chiffres relayés par State confirment d’autres résultats obtenus sur le sujet. Les recherches démontrent que les workaholics qui disent travailler plus de 80 heures par semaine consacrent en réalité beaucoup moins de temps à leur travail. Ceux-ci s’arrangeraient pour faire croire qu’ils s’investissent à fond dans leur entreprise.

Les auteurs d’indiquer que le problème avec le temps n’est pas d’en manquer, mais d’associer le fait d’être débordé à une vie qui a du sens. Face à cette situation, il ne faut pas occulter le syndrome d’épuisement lié au travail (burn-out). En effet, ce problème existe bel et bien et les cas ne cessent de se multiplier.

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